Au XIXe siècle, les eaux usées de Paris sont rejetées dans la Seine. Gravement polluées, elles occasionnent des épidémies. Pour résoudre ce problème, des ingénieurs de la ville de Paris, dont Alfred Durand-Claye, ont l’idée d’utiliser les eaux d’égout pour fertiliser les champs de la banlieue nord-ouest. Ils mettent en place un système d’épuration permettant la transformation des eaux usées en engrais liquide riche en azote, acide phosphorique, et autres matières organiques. En 1869, la ville de Paris acquiert six hectares à Asnières et y installe les premiers champs d’épandage. Un "jardin modèle" apparaît là où le sol, sableux et gréseux, était si ingrat qu’il n’avait jamais été cultivé. L’épandage s’étend vite à toute la presqu’île, transformant la culture traditionnelle en culture maraîchère.

La fertilisation du sol par les eaux d’égout permet une production intensive des légumes. Jusque-là, on cultive surtout à Gennevilliers du blé, du seigle, de l’orge et des vignes. En quelques années, la ville devient l’un des grands fournisseurs des Halles de Paris, surtout pour les artichauts, les choux, les poireaux, les céleris-raves…
Si l’épandage permet une augmentation du niveau de vie des paysans gennevillois, il contribue avec l’absence d’un réseau ferroviaire, à retarder le développement de la ville et à maintenir Gennevilliers en bourgade agricole. A partir de 1904, l’industrie en pleine croissance supplante peu à peu la culture maraîchère.
 
Je me souviens…
que lorsque je suis arrivé ici, avec tous mes meubles dans une charrette, le boulevard intercommunal n’existait pas. Pour passer de l’autre côté, il fallait mettre des bottes à cause de la boue. Il n’y avait pas encore de trottoir, juste des planches posées sur la terre. Alors, avec une poussette c’était coton et les talons hauts ce n’était même pas la peine d’y penser !

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